Les secrets d’un directeur de collection

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Chaque mois, les Éditions Mardaga vous présentent un de ses directeurs de collection. À travers une interview dans laquelle ils se dévoilent, vous plongerez dans cette activité atypique qu’est le choix des auteurs, des manuscrits, mais pas seulement… En ce mois de décembre, c’est le professeur Jacques Grégoire qui se prête à l’exercice.

Professeur à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Louvain en Belgique, il a choisi de consacrer ses recherches à l’examen de l’intelligence et au haut potentiel, à l’évaluation des apprentissages et aux troubles d’apprentissage, à la méthodologie du diagnostic psychologique et à l’apprentissage des mathématiques. Il a participé au développement de nombreux tests et questionnaires diagnostiques. Il a été conseiller scientifique pour le développement des versions américaines de la WAIS-IV et du WISC-V, puis pour leur adaptation française. Ses publications scientifiques comprennent plus de 100 articles, chapitres de livre et ouvrages. Il est l’auteur de deux ouvrages bien connus sur l’examen de l’intelligence: L’examen clinique de l’intelligence de l’enfant (2009) et L’examen clinique de l’intelligence de l’adulte (2004), et co-auteur d’un livre de méthodologie sur le développement des tests, Introduction aux théories des tests en psychologie et en éducation (2014). Il a été éditeur et consultant de plusieurs revues scientifiques. Il a été Président de l’International Test Commission (2006-2008).

  • Pourquoi avez-vous décidé de devenir directeur de collection chez Mardaga ?

Ma principale motivation vient du constat d’un manque d’ouvrages destinés aux professionnels qui fassent le pont entre les recherches théoriques et les pratiques de terrain. Si nous voulons améliorer la qualité des pratiques de la psychologie, nous devons aider les praticiens à s’informer et se former tout au long de leur carrière.

  • Le directeur de collection a une place particulière dans une maison d’édition. Pour vous, quelles sont les qualités principales pour remplir au mieux cette fonction ?

Un directeur de collection est un renifleur et un accoucheur. Il doit avoir le flair pour identifier les thèmes pertinents et les bons auteurs. Une fois ceux-ci identifiés, il doit aider les auteurs à écrire pour leurs futurs lecteurs. Trop souvent, les auteurs écrivent pour eux-mêmes ou pour un cercle restreint d’initiés. Il faut encourager les auteurs à penser à leur public et à rédiger en conséquence. Ce n’est pas toujours facile et le directeur de collection doit être un pédagogue de la communication écrite.

  • Mardaga existe depuis plus de 50 ans. Pour vous, quelles sont les forces d’une telle maison d’édition ?

Mardaga a une réputation  de qualité dans le domaine de la psychologie. Ses liens avec le monde universitaire ont toujours été étroits. Les lecteurs savent qu’un ouvrage Mardaga est toujours solide du point de vue scientifique, mais abordable par des non-spécialistes.  

  • Les bons auteurs sont, également, la force des maisons d’édition, quelles sont les qualités d’un auteur Mardaga ?

La solidité scientifique des contenus et la clarté d’écriture.

  • De façon, plus personnelle, qu’est-ce qui fait que votre cœur penche plus vers tel ou tel manuscrit ?

Je suis très sensible à la qualité de l’écriture d’un auteur. Une écriture fluide qui peut à la fois captiver et se faire oublier attire d’emblée ma sympathie.

  • Mardaga, entre autres, s’est engagée dans le virage numérique en proposant à ses lecteurs une version ebook de ses ouvrages. Comment imaginez-vous le livre dans 50 ans ?

Je suis persuadé que le livre « papier » continuera à vivre dans un certain nombre de niches. Les lecteurs aiment avoir un livre qu’ils peuvent annoter, surligner, manipuler. Il y a une relation à la matière qui ne va pas disparaître.

C’est le même phénomène pour les disques en vinyle qui continuent à vivre, et même à croître, malgré la numérisation de la musique. D’un autre côté, la numérisation permettra sans doute l’apparition de nouveaux formats de livre qui mixeront le texte, la vidéo et le son. Je pense que nous serons étonnés par des modèles de communication que nous n’imaginons même pas.

Partout ! En marchant dans les bois, dans mon lit, en naviguant sur internet… Je ne cherche pas l’inspiration, elle vient à moi. Ce sont les pièces d’un puzzle qui se mettent progressivement en place. Au moment de commencer à écrire, l’essentiel est déjà là et il ne reste plus qu’à rédiger. Le gros du travail est de l’élagage, car j’aime bien une écriture « light », sans graisse.

  • Pour finir, que lisez-vous en ce moment ?

Dalva de Jim Harrison. Un grand auteur américain qui parle de l’identité et de la violence fondatrice des États-Unis. Je lis beaucoup de romans qui permettent d’aller au-delà de ce que la recherche scientifique peut nous dévoiler.